🔎 Ce qu'il faut retenir
- Les indicateurs ESG transforment les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance en données utiles au pilotage des risques, des coûts et de la résilience.
- Ils alimentent les principaux cadres de reporting comme la CSRD, l’ISSB, le VS, le CDP ou les CSDS.
- La double matérialité et l’analyse des IRO permettent de sélectionner les indicateurs réellement pertinents pour l’entreprise.
- Leur valeur dépend de données fiables, auditables et intégrées aux décisions stratégiques.
Les événements climatiques extrêmes sont une menace pour la résilience des entreprises : interruption forcée des opérations pour soulager le réseau électrique ou hydrique local, mise en sécurité des collaborateurs lors des canicules, rupture des chaînes d’approvisionnement en raison des inondations …
Les indicateurs ESG ont désormais un rôle à jouer dans le pilotage de la performance des entreprises. Ce ne sont plus de simples cases à cocher pour la conformité mais des outils puissants au service de votre résilience et de votre compétitivité.
Dans cet article, nous allons :
- expliquer l'utilité des indicateurs ESG
- comparer les grands frameworks obligatoires et volontaires
- voir comment sélectionner les indicateurs ESG pour votre entreprise
- passer en revue quelques indicateurs ESG
Le reporting de ces indicateurs vous permet de passer d’une approche narrative de la RSE à un pilotage par les données (data-driven).
À quoi servent réellement les indicateurs ESG ?
Les indicateurs ESG évaluent la performance extra financière d'une entreprise à travers trois dimensions : Environnement, Social et Gouvernance. Ils répondent aux exigences des différents formats de reporting extra-financier (CSRD, ISSB, …) et des agences de notation ESG.
Ce sont également des outils indispensables pour :
1. Piloter les risques
Les indicateurs ESG permettent d’identifier les risques qui pourraient toucher à la pérennité ou la rentabilité de l’entreprise, en vue de les atténuer.
Les risques suivis sont de 3 ordres :
Risques Environnementaux
Risques Sociaux
Risques de Gouvernance
2. Accéder aux financements
Les indicateurs ESG influencent l’accès aux financements et leur coût. Les investisseurs et banques les utilisent pour évaluer la résilience et la création de valeur à long terme.
Exemples de financements liés aux indicateurs ESG : les prêts verts, les obligations durables, subventions publiques, prêts à taux réduits.
3. La marque employeur et l’attractivité
Des indicateurs relatifs à la qualité de vie au travail (politique de télétravail, congés parentaux étendus, taux de satisfaction des collaborateurs), mais aussi le taux de diversité ou les heures de formation par salarié renforcent l’attractivité et l’engagement des collaborateurs.
Par ailleurs, les talents choisissent de plus en plus leurs employeurs en fonction de leurs engagements ESG de manière générale : respect de l’environnement, entreprise à mission, etc.
4. L’efficacité opérationnelle
Enfin, les indicateurs ESG permettent d’identifier des gâchis et d’optimiser les processus, ce qui se traduit par des économies directes.
Par exemple :
Panorama des formats de reporting : un langage mondial ?
Il existe plusieurs formats de reporting ESG. Leur rôle est d’harmoniser, standardiser et rendre comparables les données extra-financières.
Panorama des principaux formats :
À l’international : ISSB
Créé en 2021 par la Fondation IFRS (qui supervise aussi les normes comptables internationales), l’objectif de l’ISSB est de développer des normes internationales pour le reporting de durabilité, afin de répondre aux exigences des investisseurs.
En Europe : CSRD et VS (ex-VSME)
En Chine : CSDS
International, sur les thématiques climat / eau / forêts : le CDP
C’est le standard le plus utilisé pour la transparence climatique : émissions de CO2, gestion de l’eau et déforestation.
Grâce à ces reportings structurés, l’ESG est devenu un langage commun entre les entreprises, leurs investisseurs et les régulateurs.
Les indicateurs ESG sont nombreux ; pour que leur reporting soit pertinent et reflète la réalité de votre entreprise et de ses enjeux, il faut bien choisir lesquels vous allez suivre.
Méthodologie : Comment prioriser et choisir ses indicateurs ?
En Europe, pour les entreprises soumises à la CSRD, le reporting ESG doit suivre les ESRS, European Sustainability Reporting Standards ou normes européennes de reporting durable. Elles définissent les informations que les entreprises doivent suivre et publier.
C’est l’analyse de double matérialité qui permet de déterminer les normes ESRS qui vont concerner votre entreprise.
Cette analyse mesure :
- l’impact que la thématique couverte par l’ESRS a et aura sur votre entreprise (la matérialité financière)
- l’impact que votre activité a et aura sur la thématique ESG couverte par la norme (la matérialité extra financière ou matérialité d’impact).
Seuls les critères jugés significatifs pour l’entreprise sont obligatoires. Ils permettent de prioriser les indicateurs ESG à suivre.
A la base de l’analyse de double matérialité, il y a l’analyse des IRO (pour Impacts, Risques, Opportunités).
Il s’agit d’identifier :
- les impacts en matière de durabilité, liés aux activités de l’entreprise (matérialité d’impact) : positifs et négatifs, réels et potentiels, à court, moyen et long-terme
- les risques et les opportunités qui influenceront son développement, ses résultats financiers, ses flux de trésorerie, et son accès au financement (matérialité financière).
Voici 2 exemples :
Une fois les enjeux matériels pour votre entreprise identifiés grâce à la double matérialité et votre analyse des IRO, vous avez identifié les indicateurs ESG que vous devez inclure dans vos reportings.
Le Gap Analysis vous permet de mesurer l'écart entre les données déjà disponibles et celles qu'il reste à collecter ou à fiabiliser pour répondre aux exigences de la CSRD.
Par exemple, si votre indicateur porte sur les émissions de Scope 1, 2 et 3, vous devez vous demander :
- Quelles données sont déjà disponibles ? Ex : factures d’électricité, relevés de consommation de carburant
- Quelles données manquent ? Ex : émissions des sous-traitants, données des filiales
- Quels processus de collecte mettre en place ? Ex : formaliser la collecte des données (récurrence, responsables, etc), déployer un logiciel ESG qui vous aidera à automatiser la collecte et l’analyse des données.
Exemples d'indicateurs ESG clés et usages
Pour finir, voici un échantillon d’indicateurs ESG courants, avec leur usage principal.
Ils peuvent être mobilisés dans le reporting CSRD, les questionnaires fournisseurs et investisseurs, les notations ESG et le pilotage interne.
Ces indicateurs permettent d’anticiper de nombreux risques pouvant pénaliser la performance financière de l’entreprise (risques cybersécurité), de prendre une avance stratégique par rapport à des concurrents (diversification des approvisionnements, …) et tout simplement de renforcer la résilience de l’entreprise.
Conclusion
La donnée ESG, c’est votre nouvelle donnée financière : elle doit être fiable, auditable et surtout, utile à la décision stratégique.
Même si vous n’êtes pas soumis aux obligations de reporting extra financier, les indicateurs ESG permettent de vous préparer aux exigences réglementaires de vos gros clients ou d’investisseurs mais aussi d’améliorer la résilience de votre entreprise.
Et si vous devez faire un reporting CSRD ou autre, en sélectionnant bien vos indicateurs, vous faites d’une pierre deux coups : vous avez des KPI puissants pour piloter la stratégie de votre entreprise. Alors que les KPI financiers reflètent les performances dans un monde stable, vos indicateurs ESG prédisent votre capacité à naviguer dans un environnement imprévisible.
ℹ️ Bon à savoir
Tennaxia ESG vous permet de centraliser les données des différents référentiels pour éviter les saisies multiples et produire vos rapports sous les différents formats.




