Quels sont les registres et documents obligatoires en santé-sécurité au travail (SST) ?

Pour protéger la santé des salariés, l’employeur doit tenir à jour plusieurs registres obligatoires en matière de sécurité et de prévention des risques professionnels.

Clara Godin
Juriste en droit de l'environnement & santé-sécurité au travail
Mise à jour : 
08.07.2026
Publication : 
17.02.2025

🔎 Ce qu'il faut retenir

  • Une obligation de conformité et de suivi : L'employeur a la responsabilité d'établir et de remplir régulièrement plusieurs registres et documents SST, au format papier ou numérique, afin d'assurer le suivi de la prévention et de justifier de la conformité de l'entreprise lors des contrôles de l'inspection du travail.
  • Le DUERP comme pilier central : Obligatoire pour toutes les entreprises, le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels répertorie les résultats de l'évaluation des risques et les plans d'action. Il doit être conservé pendant 40 ans et mis à jour au moins chaque année dans les structures d'au moins 11 salariés.
  • La centralisation par le registre de sécurité : Bien que non obligatoire en soi, il permet de réunir en un seul endroit des registres qui, eux, sont obligatoires selon les équipements et locaux du site, à savoir les registres incendie, électrique et de vérification des équipements de travail.
  • La traçabilité des accidents et des alertes : L'employeur doit conserver les déclarations d'accidents du travail pendant au moins 5 ans. En parallèle, il doit tenir à disposition des registres spécifiques pour consigner les alertes de santé publique/environnement et les signalements de dangers graves et imminents émanant du CSE.
  • Afin de prévenir la santé et la sécurité des travailleurs et d’assurer le suivi de la prévention des risques dans l’entreprise, l’employeur doit établir et remplir régulièrement plusieurs registres. Dans cet article, retrouvez les registres et documents obligatoires en SST :

    • le registre de sécurité ;
    • le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ;
    • le registre des dangers graves et imminents ;
    • les déclarations d’accident du travail ;
    • les documents du médecin du travail ;
    • les observations et mises en demeures de l’inspection du travail.

    Qu’est-ce qu’un registre SST ?

    Les registres relatifs à la SST sont des documents qui comportent de nombreuses informations pour la prévention des risques en entreprise. Ces documents sont établis par l’employeur et contiennent par exemple les risques auxquels sont exposés les travailleurs, les actions de prévention des risques menées dans l’entreprise, les rapports des vérifications générales périodiques (VGP), les accidents du travail, etc.

    Ces registres constituent des outils essentiels pour le suivi de la prévention des risques et pour justifier de la conformité de l’entreprise.

    🔍 Focus : Selon le Code du travail, les registres SST peuvent être établis sous différents formats tels que le format papier ou numérique. Néanmoins, le support choisi doit permettre d’obtenir toutes les mentions obligatoires sans difficultés d'utilisation ou de compréhension et sans risque d'altération des informations contenues (Article D8113-2 C.trav.).

    Par ailleurs, la bonne tenue des registres SST est obligatoire pour pouvoir justifier de la conformité de l’entreprise en matière de santé, sécurité au travail.

    En effet, au cours de leurs visites, les agents de contrôle de l'inspection du travail doivent avoir accès aux registres, attestations, consignes, résultats et rapports relatifs à la SST (Article L4711-3 C.trav.).

    📌 À noter : Pour rappel, toutes les attestations, certificats et titres liés aux formations en santé et sécurité dispensées à vos salariés (comme les formations incendie ou l'habilitation à l'utilisation des équipements listés dans vos registres) doivent désormais être centralisés dans le Passeport de prévention de chaque travailleur.

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    Registre de sécurité

    Le registre de sécurité réunit plusieurs registres en lien avec la sécurité des lieux de travail, des installations et des équipements de travail dans l’entreprise (Article L4711-5 C.trav.). Il contient notamment :

    • le registre incendie ;
    • le registre électrique ;
    • le registre des vérifications des équipements de travail.

    Le registre de sécurité n’est pas en lui-même une obligation (Article L4711-5 C.trav.). Néanmoins, il permet à l’employeur de réunir plusieurs registres obligatoires dans un registre unique afin de faciliter la conservation et la consultation de ces informations.

    ⚠️ Attention : Les attestations, consignes, résultats et rapports relatifs aux vérifications et contrôles présents dans le registre de sécurité doivent être datés et mentionner l'identité de la personne ou de l'organisme chargé du contrôle ou de la vérification (Article D4711-2 C.trav.).

    Registre électrique

    Le registre électrique fait état de la conformité des installations électrique de l’entreprise. Il mentionne les résultats des vérifications initiales et périodiques de ces installations et contient les justificatifs des travaux et modifications effectués (Article R4226-19 C.trav.). Sa tenue est obligatoire pour toutes les entreprises qui disposent d’installations électriques.

    Ce registre doit également contenir les rapports établis par l’organisme accrédité qui a réalisé les vérifications, le cas échéant.

    Registre incendie

    Le registre incendie est un document qui fait état de la prévention du risque incendie dans l’entreprise. Toutes les entreprises doivent établir ce registre dès lors qu’elles utilisent des locaux ou bâtiments.

    Le registre incendie contient notamment les dates des exercices périodiques effectués, les observations faites lors des visites périodiques du matériel contre les incendies, le nom des personnes en charge du service de sécurité incendie, les consignes incendies ou encore les consignes d’évacuation (Article R4227-39 C.trav.).

    Registre des vérifications périodiques et initiales

    Le registre des vérifications périodiques et initiales contient les résultats des vérifications obligatoires pour les équipements de travail et les installations (Article R4323-25 C.trav.).

    Toutes les entreprises qui utilisent des équipements de travail soumis à de telles vérifications doivent tenir ce registre.

    Autres registres

    Le registre de sécurité peut également réunir d’autres registres moins communs en fonction du secteur d’activité de l’entreprise.

    À titre d’exemple, il peut contenir les examens concernant les parois et les toits des puits et des galeries souterraines (Article R4534-41 C.trav.).

    Remarque : dans les faits, ces registres sont souvent composés de documents dématérialisés (ex : rapports de contrôles, suivi de la levée des écarts via tableur ou GMAO, comptes-rendus incendie, …)

    Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP)

    Le DUERP constitue le document de référence pour mener une démarche de prévention des risques professionnels. Il sert de guide et permet un suivi clair de l’évolution de la prévention dans l’entreprise.

    Le DUERP contient notamment (Article L4121-3-1 C.trav.) :

    • les résultats de l’évaluation des risques professionnels;
    • le plan d’action et les mesures de prévention;
    • pour les entreprises d’au moins 50 salariés, le programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT).

    L’élaboration du DUERP est une obligation pour toutes les entreprises et il doit être mis à jour (Article R4121-2 C.Trav.) :

    • au moins chaque année dans les entreprises d'au moins onze salariés ;
    • à chaque modification importante des conditions de travail ;
    • lorsque l’employeur a connaissance d’une information supplémentaire sur un risque professionnel présent dans l’entreprise.

    🔍 Focus : Le DUERP doit être conservé pendant une durée de 40 ans et doit être mis à la disposition notamment des travailleurs et des anciens travailleurs, des membres du CSE, du service de prévention et de santé au travail (SPST) et de l’inspection du travail (Article R4121-4 C.trav.).

    🚨 Attention : Obligation de dématérialisation sur le portail national (Mise à jour 2026)

    Au-delà des règles de mise à jour, l'obligation d'archivage du DUERP a franchi une étape historique. Conformément à la loi Santé au travail, toutes les entreprises ont désormais l'obligation de déposer le DUERP ainsi que l'ensemble de ses versions successives sur un portail numérique national officiel. Cette mesure, qui s'est déployée progressivement, est entrée en vigueur au plus tard le 1er juillet 2026 pour les entreprises de moins de 150 salariés. Désormais, quelle que soit la taille de votre structure, le simple stockage local (sur un ordinateur ou dans un classeur papier) ne suffit plus : la dématérialisation sur ce portail d'État est obligatoire pour garantir la traçabilité des expositions sur 40 ans.

    Documents relatifs aux accidents du travail

    Déclaration d’accident du travail

    Lorsqu’un accident du travail entraîne soit un arrêt de travail, soit des soins médicaux, l’employeur doit le déclarer à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) sous 48h (Article R441-3 CSS) ou MSA (Mutualité Sociale Agricole) pour le régime agricole.

    ⚠️ Attention : Les copies de ces déclarations d’accident du travail doivent être impérativement conservées par l’employeur pendant au moins cinq ans (Article D4711-3 C.trav.).

    Par ailleurs, l’employeur doit délivrer une feuille d'accident à la victime pour qu’elle puisse être indemnisée (Article L441-5 CSS.).

    Registre des accidents bénins

    Le registre de accidents bénins répertorie tous les accidents qui n’entraînent ni arrêt de travail, ni soins médicaux.

    Les employeurs autorisés à tenir ce registre doivent remplir les conditions suivantes (Article D441-1 C.trav.) :

    • avoir en permanence dans l’entreprise soit un médecin, un pharmacien, un infirmier diplômé d'État ou une personne chargée d'une mission d'hygiène et de sécurité ;
    • disposer d'un poste de secours d'urgence ;
    • disposer d’un CSE.

    Pour ces employeurs, lorsqu’un accident du travail survient mais que ce dernier n’entraîne ni arrêt de travail ni soins médicaux, ils peuvent alors remplacer la déclaration de cet accident par une inscription sur le registre des accidents bénins (Article L441-4 CSS). L’employeur doit néanmoins en aviser le CSE.

    🔍 Focus : Lorsqu’un accident inscrit sur le registre des accidents bénins entraîne ultérieurement un arrêt de travail ou des soins médicaux, l’employeur doit alors déclarer l’accident à la CPAM.

    Registre des dangers graves et imminents et registre alerte en matière de santé publique et d’environnement

    Registre des dangers graves et imminents

    Le registre des dangers graves et imminents répertorie les dangers signalés à l’employeur par un membre du comité social et économique (CSE) (Article L4132-2 C.trav.). L’avis du membre du CSE doit être daté et signé et il doit indiquer (Article D4132-1 C.trav.) :

    • les postes de travail concernés par le danger constaté ;
    • la nature et la cause de ce danger ;
    • le nom des travailleurs exposés.

    Les pages du registre doivent être numérotées et authentifiées par le tampon du CSE.

    Registre alerte en matière de santé publique et d’environnement

    Le registre alerte en matière de santé publique et d’environnement contient les alertes signalées soit par un travailleur soit par un membre du CSE (Article D4133-1 C.trav.).

    Les pages de ce registre doivent être numérotées.

    L’alerte consignée dans ce registre doit être datée et signée et elle doit indiquer :

    • les produits ou procédés de fabrication qui présentent un risque grave pour la santé publique ou l'environnement ;
    • le cas échéant, les conséquences potentielles pour la santé publique ou l'environnement ;
    • toute autre information utile à l'appréciation de l'alerte consignée.

    Documents du médecin du travail

    Les documents établis par le médecin du travail permettent un suivi de l’état de santé des travailleurs et une meilleure prévention des risques professionnels. Ils s’inscrivent ainsi dans les documents essentiels en SST.

    Documents relatif au suivi médical

    Les attestations de suivi individuel de l’état de santé sont délivrées par le professionnel de santé du service de prévention et de santé au travail à l'issue de toute visite d'information et de prévention (VIP) des travailleurs (Article R4624-14 C.trav.). Pour les travailleurs en suivi individuel de leur état de santé, le médecin du travail peut délivrer un avis d’aptitude ou d’inaptitude.

    Fiche d’entreprise du médecin du travail

    La fiche d'entreprise est établie par le médecin du travail (Article R4624-46 C.trav.). Elle contient notamment les risques professionnels et les effectifs de salariés qui y sont exposés. Elle est transmise à l’employeur et présentée au CSE en même temps que le bilan annuel.

    Observations et mises en demeures de l’inspection du travail

    L’employeur doit conserver les observations et mises en demeures de l'inspection du travail en matière de SST (Article L4711-2 C.trav.).

    L’employeur doit également conserver les observations et mises en demeures concernant les vérifications et contrôles des cinq dernières années (Article D4711-3 C.trav.).

    Envie d'en savoir plus ? Découvrez notre article sur les responsabilités de l'employeur en matière de santé et sécurité au travail.

    Document / Registre Contenu principal Règles d'application & Délais de conservation
    📄 DUERP (Document Unique) • Résultats de l'évaluation des risques professionnels.
    • Plan d’action et mesures de prévention.
    • PAPRIPACT (uniquement pour les entreprises d'au moins 50 salariés).
    Obligatoire pour toutes les entreprises.
    • Mise à jour annuelle (dès 11 salariés) ou lors de modifications importantes.
    • ⏱️ Conservation : 40 ans.
    🗂️ Registre de sécurité
    (Électrique, Incendie, VGP)
    Incendie : Dates des exercices, consignes et rapports de visites du matériel.
    Électrique : Résultats des vérifications initiales/périodiques des installations.
    VGP : Résultats des vérifications obligatoires des équipements.
    • Obligatoire dès lors que l'entreprise utilise des locaux ou des équipements soumis à vérification.
    • Doit dater et identifier précisément les personnes ou organismes contrôleurs.
    🩹 Suivi des accidents du travail • Copies des déclarations d'accidents du travail envoyées à la CPAM ou MSA.
    Registre des accidents bénins : Inscription des accidents n'entraînant ni arrêt ni soins (sous conditions d'autorisation).
    • Déclaration obligatoire sous 48h à la CPAM/MSA si arrêt ou soins.
    • Le registre des accidents bénins nécessite la présence d'un CSE et d'un poste de secours.
    • ⏱️ Conservation des copies : 5 ans minimum.
    🚨 Danger grave / Santé & Environnement Danger grave et imminent : Signalements datés et signés du CSE (postes concernés, causes, salariés exposés).
    Alerte santé publique / environnement : Signalements de produits ou procédés présentant un risque grave.
    • Pages numérotées obligatoires pour les deux registres.
    • Tampon du CSE obligatoire sur le registre des dangers graves et imminents.
    🩺 Médecine & Inspection du travail • Attestations de suivi individuel (VIP), avis d'aptitude ou d'inaptitude.
    • Fiche d'entreprise (risques et effectifs exposés) établie par le médecin.
    • Observations et mises en demeures de l'inspection du travail.
    • La fiche d'entreprise doit être présentée au CSE.
    • ⏱️ Conservation des observations/mises en demeures liées aux contrôles : 5 ans.