Le Comité Social et Économique (CSE) : la nouvelle instance qui remplace les DP, le CE et le CHSCT

Le comité social et économique (CSE) remplace les DP, CE et CHSCT. Il gère la santé, sécurité et les conditions de travail dans les entreprises de plus de 11 salariés.

Marie Faucon
Consultante HSE
Publication : 
08.11.2017

Les délégués du personnel (DP), le comité d'entreprise (CE) et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) vont être remplacés par le comité social et économique (CSE).

Une ordonnance du 22 septembre 2017 [1] (une des 5 ordonnances "Macron") fusionne en effet ces institutions représentatives du personnel. L'ordonnance crée dans la deuxième partie législative du code du travail les articles L. 2311-1 à L. 2321-10 qui traitent du comité social et économique.

Nous vous proposons de vous présenter cette nouvelle instance et plus particulièrement ses attributions et ses règles de fonctionnement en lien avec les problématiques de santé, de sécurité et de conditions de travail.

Mise en place du Comité social et économique

Un CSE doit être mise en place dans les entreprises d'au moins 11 salariés si cet effectif est atteint pendant au moins 12 mois consécutifs. Le mandat de ses membres est fixé à 4 ans. Un accord de branche, un accord de groupe ou un accord d'entreprise peut néanmoins fixer une durée du mandat comprise entre 2 et 4 ans.

Des CSE d’établissement et un CSE central d’entreprise sont constitués dans les entreprises comportant au moins deux établissements distincts. Dans ce cas, un accord d'entreprise détermine le périmètre des établissements distincts (nombre et attributions des représentants de proximité, notamment en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail ; modalités de leur désignation, etc.). En l'absence d'accord, l'employeur fixe le nombre et le périmètre des établissements distincts.

Attributions du CSE en matière de santé, sécurité et conditions de travail

Seuil d'effectif Attributions, Commissions et Formations SST du CSE
11 à 49 salariés • Promouvoir la santé, la sécurité et les conditions de travail dans l'entreprise.
• Réaliser des enquêtes en matière d'accidents du travail ou de maladies professionnelles.
50 à 299 salariés
(Intègre également les missions du bloc précédent)
• Être consulté en cas d'aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail.
• Analyser les risques professionnels et les effets de l'exposition aux facteurs de pénibilité.
• Faciliter l'accès des femmes et des personnes handicapées à tous les emplois.
• Proposer des actions de prévention des faits de harcèlements et des agissements sexistes.
• Réaliser à intervalles réguliers des inspections en matière de santé, sécurité et conditions de travail.
• Être consulté sur le rapport et le programme annuel de prévention.
• Droit d'alerte en situation de danger grave et imminent et en matière de santé publique et d'environnement.
CSSCT : L'inspecteur du travail peut imposer la création d'une commission santé, sécurité et conditions de travail si nécessaire (obligatoire d'office dès 50 salariés dans les installations Seveso seuil haut, INB, stockage souterrain, mines et gîtes géothermiques) .
Formation SSCT : Les membres bénéficient d'une formation nécessaire d'au moins 3 jours, financée par l'employeur .
Plus de 300 salariés
(Intègre la totalité des missions ci-dessus)
• Être consulté sur le bilan social.
CSSCT obligatoire : Création d'une commission santé, sécurité et conditions de travail automatique dans chaque établissement distinct .
Formation SSCT étendue : Durée minimale de la formation portée à 5 jours .

Réunions du Comité social et économique

Le Comité social et économique se réunit selon les périodicités suivantes :

Seuil d'effectif Périodicité des réunions ordinaires Réunions spécifiques et exceptionnelles (Santé, Sécurité & Environnement)
11 à 49 salariés 1 fois par mois avec l'employeur ou son représentant. Non spécifié sur ce volet (régime légal de base).
50 à 299 salariés Tous les deux mois. Obligation annuelle :
• Au moins 4 réunions par an doivent être dédiées aux sujets relatifs à la santé, la sécurité et les conditions de travail (SSCT).
Réunion exceptionnelle obligatoire :
  • À la suite d'un accident ayant entraîné ou pu entraîner des conséquences graves.
  • En cas d'événement grave ayant porté ou pu porter atteinte à l'environnement ou à la santé publique.
  • À la demande motivée de 2 représentants du personnel concernant la santé, la sécurité ou les conditions de travail.
Plus de 300 salariés Tous les mois. Obligation annuelle :
• Au moins 4 réunions par an doivent être dédiées aux sujets relatifs à la santé, la sécurité et les conditions de travail (SSCT).
Réunion exceptionnelle obligatoire :
  • À la suite d'un accident ayant entraîné ou pu entraîner des conséquences graves.
  • En cas d'événement grave ayant porté ou pu porter atteinte à l'environnement ou à la santé publique.
  • À la demande motivée de 2 représentants du personnel concernant la santé, la sécurité ou les conditions de travail.

Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT)

Une commission santé, sécurité et conditions de travail est créée :

  • dans les entreprises et dans les établissements distincts d'au moins 300 salariés;
  • dans les installations Seveso seuil haut (entreprises de plus de 50 salariés);
  • dans les installations nucléaires de base (INB), les installations de stockage souterrain, les mines et les gites géothermiques (entreprises de plus de 50 salariés).

L'inspecteur du travail peut néanmoins imposer la création d'une CSSCT dans les entreprises ou établissements distincts ayant entre 50 et 299 salariés lorsque qu'il juge cette mesure nécessaire, notamment en raison de la nature des activités, de l'agencement ou de l'équipement des locaux.

Cette commission se voit confier une partie ou toutes les attributions du CSE relatives à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail, à l'exception du recours à un expert et des attributions consultatives du CSE. Elle est présidée par l'employeur ou son représentant et comprend au moins trois représentants du personnel. Ses membres sont désignés par le CSE parmi ses membres pour une durée égale à celle du mandat des membres de la CSE.

Formation des membres du CSE en santé, sécurité et conditions de travail

Les membres de la CSST, si elle existe, ou les membres de la délégation du personnel du CSE doivent bénéficier de la formation nécessaire à l'exercice de leurs missions en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail. Le financement de cette formation est pris en charge par l'employeur.

Pour les membres de la CSST, cette formation est organisée sur au moins :

  • 5 jours dans les entreprises d'au moins 300 salariés;
  • 3 jours dans les entreprises de moins de 300 salariés.

Calendrier de mise en place du CSE

Des décrets, qui doivent paraître d'ici la fin de l'année, vont venir préciser les modalités d'application des dispositions créés par l'ordonnance. Ces nouvelles dispositions seront applicables à la date d'entrée en vigueur des décrets et au plus tard le 1er janvier 2018.

La mise en place du CSE en remplacement des DP, du CHSCT et/ou du CE se fait en fonction de la date d'expiration des mandats :

Date d'expiration des mandats (DP, CE ou CHSCT) Règles de mise en place du CSE
Avant le 24/09/2017 L'entreprise doit organiser des élections professionnelles conformément aux règles antérieures à cette date. Mais ces mandats ne pourront courir que jusque fin 2019.
Du 24/09/2017 au 31/12/2017 Les mandats sont prorogés jusqu'au 31 décembre 2017. L'entreprise peut ensuite les proroger d'un an maximum après consultation des instances.
Du 31/12/2017 au 31/12/2018 L'entreprise peut soit proroger ces mandats pour un an maximum, jusqu'en décembre 2019, après consultation des instances, soit mettre en place la nouvelle instance.
Après le 01/01/2019 L'entreprise devra procéder obligatoirement à l'élection du nouveau Comité Social et Économique (CSE).

Nous vous conseillons :

  • de faire le point avec votre service RH pour définir le calendrier et les modalités de mise en place du Comité social et économique au sein de votre entreprise ou votre établissement,
  • d'attendre la parution des décrets d’application avant d’engager toute démarche.

D'autres dispositions, non développées dans cet article, ont été mises en place. Elles concernent notamment le CSE Central d'entreprise, le recours à un expert habilité en veille HSE mais aussi le mode de communication interne et externe.

[1] Ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017 [JORF du 23 septembre 2017]