Quels sont les 3 piliers du développement durable ?

Le développement durable : tout le monde en parle mais savez-vous vraiment ce qui se cache derrière ce terme ? On vous explique tout !

Astrid Serre
Climate consultant
Mise à jour : 
14.09.2026
Publication : 
12.07.2021

🔎 Ce qu'il faut retenir

  • Fondements théoriques : Issu du rapport Brundtland (1987), le développement durable repose sur trois axes indissociables : l'économie responsable (circulaire, pérenne), l'écologie (réduction des émissions et préservation des ressources) et le social (équité, QVT, inclusion).
  • Cadre réglementaire : Les actions privées s'inscrivent dans l'Agenda 2030 de l'ONU (17 ODD), la loi PACTE en France (entreprise à mission, raison d'être) et la directive européenne CSRD, qui impose un reporting extra-financier standardisé (normes ESRS) basé sur la double matérialité.
  • Passage à l'action : Une stratégie concrète s'articule autour de la mesure de l'empreinte carbone (notamment via des outils comme Tennaxia), la sobriété numérique, la mobilisation interne (QVT, mobilité douce), l'ancrage local et les achats responsables.

Construire sa stratégie RSE en respectant les fondements du développement durable : ce sujet est au centre de toutes les conversations, mais savez-vous vraiment ce que cela signifie? Qu’est-ce que le développement durable ? Quelles sont les actions que les entreprises doivent mettre en place pour s’aligner avec les 17 objectifs de l’ONU ?

Le développement durable : définition

La notion de développement durable apparait pour la première fois dans le rapport Brundtland, rédigé sous l'égide de Gro Harlem Brundtland lors de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de 1987. C'est à ce moment-là qu'une première définition voit le jour :

« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »

Ce rapport et cette définition permettent d’identifier les trois piliers du développement durable interconnectés :

  • Le pilier économique
  • Le pilier écologique
  • Le pilier social

Les organisations s’appuient sur ces trois piliers pour mettre en place leur stratégie RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), mais comment peut-on les définir concrètement?

1. L’axe économique

Cet axe se base sur la capacité des entreprises à développer un modèle économique responsable. Le but est de pérenniser l'activité et de créer des emplois dignement rémunérés, tout en s'éloignant des modèles prédateurs pour tendre vers l'économie circulaire et réduire l'impact de la production sur l’environnement.

2. L’axe environnemental

Le pilier environnemental pousse les entreprises à s'engager activement dans la transition écologique et la transition énergétique, ce qui implique de :

  • Évaluer précisément leurs consommations de ressources naturelles afin de les diminuer ou de les optimiser.
  • Réduire l'usage des énergies fossiles et limiter l'ensemble de leurs rejets.
  • Réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre ainsi que leur production de déchets.

Il est primordial de connaître précisément l’impact direct et indirect de l’organisation. Pour ce faire, la mesure de l'empreinte carbone via un bilan carbone d'entreprise constitue le diagnostic de départ indispensable pour piloter sa trajectoire environnementale.

3. L’axe social

Afin de respecter le principe d'équité sociale, une entreprise se doit de satisfaire les besoins fondamentaux et les droits individuels (santé, éducation, habitat, prévention de l'exclusion). Pour une entreprise, cela se traduit par :

  • Le bien-être de ses parties prenantes (salariés, clients, fournisseurs, collectivités).
  • La lutte contre les discriminations et l'inclusion (égalité femmes-hommes, réinsertion, accessibilité PMR).
  • La solidarité locale et les achats écoresponsables.

Le développement de cet axe améliore nettement la qualité de vie au travail (QVT) et constitue un levier majeur de fidélisation des talents.

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La vision d'ensemble du développement durable

Les trois piliers du développement durable sont interdépendants. Si l'un des axes est moins développé que les autres, alors la stratégie RSE de l'entreprise ne sera pas considérée comme durable. Elle doit pouvoir agir sur l’ensemble de ces trois domaines simultanément, le développement durable étant un concept pluridisciplinaire.

Il est courant de représenter les 3 axes du développement durable grâce à des cercles interconnectés.

3 axes de développement durables complémentaires

Le développement durable se trouve à la jonction de ces trois domaines.

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Quel est le cadre réglementaire actuel autour du développement durable ?

Les ODD et l'Agenda 2030 de l'ONU

L’ONU a fixé 17 objectifs de développement durable pour sauver le monde organisés selon les 3 piliers évoqués précédemment. Ces 17 ODD ont été officiellement adoptés le 25 septembre 2015 par les 193 États membres de l'ONU, lors du Sommet des Nations Unies sur le développement durable à New York.

Ils sont entrés en vigueur le 1er janvier 2016 pour prendre le relais des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et fixer le cap jusqu'en 2030. Parmi eux, nous pouvons retrouver des objectifs pour :

  • Une énergie propre et à un coût abordable
  • Des villes et des communautés durables
  • Une consommation et une production responsables
  • Des mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques

Les entreprises ont un grand rôle à jouer dans l’atteinte de ces objectifs. En effet, une bonne stratégie RSE peut drastiquement réduire les problématiques identifiées par l'ONU. La réduction des émissions carbone de votre entreprise fait partie des actions efficaces pour atteindre ces objectifs.

Il va de soi que pour améliorer l'impact de votre entreprise sur le long terme, il faut tout d'abord mesurer votre impact initial. La réalisation de bilans carbones réguliers est donc un point de départ nécessaire à la construction d'une stratégie RSE cohérente et efficace.

L'Agenda 2030 est le plan d'action mondial adopté en 2015 par l'ONU, qui fixe ces 17 objectifs de développement durable (ODD) à atteindre d'ici 2030 pour éradiquer l'extrême pauvreté, protéger la planète et assurer la prospérité pour tous.

Le cadre français et européen

À l'échelle nationale et continentale, le cadre juridique s'est considérablement renforcé pour transformer les engagements volontaires en obligations mesurables et comparables.

1. La France : de la Loi PACTE à la Stratégie Nationale

La France s'est dotée au fil des années d'une Stratégie nationale de développement durable ambitieuse pour guider les acteurs économiques vers la transition.

Un tournant majeur a été franchi avec la loi PACTE (Plan d'Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises). Ce texte a redéfini le rôle de l'entreprise dans la société en permettant :

  • D'intégrer la considération des enjeux sociaux et environnementaux directement dans l'objet social de toutes les sociétés (article 1833 du Code civil).
  • De définir une « raison d'être » dans les statuts.
  • D'adopter le statut d'Entreprise à mission, affirmant publiquement des objectifs d'intérêt général environnementaux ou sociaux.

De plus, l'utilisation d'indicateurs complémentaires au PIB (Produit Intérieur Brut), tels que l'indice de développement humain (IDH), guide progressivement l'évaluation des politiques publiques au-delà de la seule performance financière.

2. L'Union européenne et la révolution de la CSRD

Au niveau de l'Union européenne, le Pacte vert (European Green Deal) fixe l'ambition de faire de l'Europe le premier continent neutre en carbone. Pour y parvenir, l'UE harmonise et fiabilise l'information extra-financière des entreprises via la Directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive).

La CSRD impose un niveau d'exigence sans précédent :

  • Les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) : Ces normes européennes uniques standardisent la publication des données ESG (Environnement, Social, Gouvernance). Elles couvrent aussi bien l'impact sur la biodiversité que les conditions de travail ou l'éthique des affaires.
  • Le principe de double matérialité : Les entreprises ne doivent plus seulement évaluer l'impact des risques climatiques sur leurs finances (la matérialité financière), mais également l'impact de leurs propres activités sur la société et la planète (la matérialité d'impact).
  • L'effet d'entraînement sur la chaîne de valeur : Même si les seuils réglementaires ciblent en priorité les grandes structures, ces dernières ont besoin des données ESG de l'ensemble de leurs sous-traitants. Par effet domino, les PME et ETI sont elles aussi incitées à mesurer leur empreinte carbone et à structurer leur reporting pour conserver leurs marchés.

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Mettre en place une stratégie RSE durable : comment agir ?

Il est parfois difficile de savoir par où commencer lorsque l'on souhaite implanter le développement durable au cœur de sa stratégie RSE. Pour vous aider, voici une liste non exhaustive d'actions réalisables :

1. Mesure et réduction de l'empreinte environnementale

  • Réaliser un bilan carbone global : Mesurez régulièrement les émissions de l'intégralité de vos activités. L'utilisation d'une plateforme bilan carbone comme celle de Tennaxia permet de modéliser vos trajectoires de réduction d'empreinte carbone et d'en piloter l'avancement. Cette démarche maîtrise votre dépendance aux matières carbonées coûteuses tout en contribuant à limiter le réchauffement climatique.
  • Adopter la sobriété numérique : Prolongez la durée de vie du matériel informatique, favorisez le reconditionné, rationalisez le stockage des données et appliquez l'éco-conception à vos services web.
  • Déployer l'éco-conception produit : Pensez l'ensemble du cycle de vie de vos produits dès la phase d'idéation pour réduire l'impact environnemental à la source et faciliter le recyclage final.

2. Mobilisation des équipes et qualité de vie au travail (QVT)

  • Promouvoir la mobilité douce : Sensibilisez vos collaborateurs à l'utilisation du vélo et de la marche. L'entreprise peut acheter une flotte de vélos mis à disposition des employés, agissant directement sur leur santé et leur bien-être au quotidien.
  • Créer une culture RSE interne : Formez un réseau d'ambassadeurs et organisez des ateliers de sensibilisation (comme la Fresque du Climat) pour faire émerger des initiatives du terrain et engager l'ensemble des équipes.

3. Ancrage territorial et chaîne de valeur responsable

  • Valoriser les déchets en local : Associez-vous à des partenaires de proximité pour traiter et revaloriser vos déchets, réduisant ainsi les émissions liées au transport et la pollution des milieux naturels.
  • Structurer des achats responsables : Imposez une charte RSE à vos fournisseurs pour garantir le respect des droits humains, de bonnes conditions de travail et limiter les risques environnementaux sur votre supply chain.

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Sources et textes de référence :

  • Rapport Brundtland (1987) : Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'ONU, Notre avenir à tous (texte fondateur du concept de développement durable).
  • Agenda 2030 (2015) : Organisation des Nations Unies (ONU), 17 Objectifs de développement durable (ODD) adoptés lors du Sommet sur le développement durable à New York.
  • Loi PACTE (2019) : Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (article 1833 du Code civil, statut d'entreprise à mission).
  • Directive CSRD (2022/2464) : Parlement européen et Conseil de l'Union européenne, Corporate Sustainability Reporting Directive et normes ESRS de l'EFRAG pour le reporting extra-financier.