Le Plan national santé environnement 2009-2013
Les impacts des dégradations de l’environnement sur la santé humaine sont, pour certains, avérés scientifiquement et pour d’autres insuffisamment documentés mais suspectés.
Un engagement international :
Le plan santé-environnement fait suite à un engagement formel de la France qui, lors de la conférence de l’OMS qui s’est tenue à Londres, en 1999, s’est engagée, ainsi que 52 autres pays, à élaborer un plan national. A Budapest, en 2004 les mêmes pays se sont engagés à élaborer un plan santé-environnement spécifique pour les enfants. Pourquoi un Plan national santé- environnement : les enjeux
La thématique de santé environnementale a été une préoccupation majeure du Grenelle de l’environnement non seulement parce que la question concerne l’ensemble de la population mais aussi parce qu’elle a un coût social et économique très important que les Pouvoirs Publics se sont efforcés de quantifier. Les actions prioritaires déclinées dans le 2ème PNSE
Les actions prioritaires sont présentées selon deux axes complémentaires rédigés en terme d’objectifs :
L’objectif est de réduire d’ici 2015 le niveau de concentration des particules fines dans l’air (particules de diamètre moyen de 2,5µm) de 30%. Lors du Grenelle de l’environnement il a été mis en évidence l’importance de la pollution particulaire sur la santé. L’objectif ambitieux affiché dans le PNE de réduction de 30% à 15 ans s’inscrit dans un »Plan Particules » qui vise aussi bien à réduire les émissions du secteur domestique que celles du secteur industriel et agricole. 2/ Mettre en place progressivement, à partir de 2011, un étiquetage sanitaire des produits de la construction, de décoration ainsi que des produits les plus émissifs dans l’air intérieur des bâtiments et rendre obligatoire l’emploi de produits peu émissifs dans les lieux fréquentés par les enfants. Cet objectif passe par la formation de professionnels du bâtiment à la qualité de l’air intérieur et également par des campagnes de sensibilisation du public. 3/ Améliorer la santé en agissant sur les modes de transport. Les différentes actions vont de la promotion des transports doux (marche, vélo) ce qui aura un double effet sur la santé des populations en diminuant l’impact des transports polluants et en favorisant l’exercice physique, jusqu’à l’amélioration du confort des usagers et des travailleurs des transports, en passant par la réduction des émissions atmosphériques et du bruit générés par les différents modes de transport. 4/ Assurer la protection des aires d’alimentation des 500 captages d’eau les plus menacés d’ici 2012 en renforçant l’efficacité des outils de protection des captages, en traitant les captages abandonnées et en améliorant la gouvernance grâce à des structures locales adaptées. L’objectif est ici clairement de protéger la population des contaminations environnementales liées à l’eau. On notera que le premier plan 2004-2008 s’était déjà fixé comme objectif d’instaurer des périmètres de protection pour 80 % des captages en 2008 et 100 % en 2010. 5/ Améliorer la connaissance et réduire les risques liés aux rejets de médicaments de l’environnement. Il s’agit ici d’un objectif ciblé sur l’amélioration et le développement des connaissances en particulier par l’utilisation des espèces sentinelles et des bio-marqueurs.* 6/ Mettre en place, d’ici 2010, un programme de biosurveillance sanitaire de la population. Les actions du plan sur ce thème sont directement issues des tables rondes du Grenelle de l’environnement et en particulier de la demande du ministre en charge de l’environnement faite au professeur Girard de piloter un groupe de travail sur la veille sanitaire et les risques émergents dans le but de mettre en place une veille capable d’identifier les risques très en amont par exemple en recourant à des techniques modernes de traitement des informations. Des mesures sont également proposées pour renforcer la prévention sur les ondes électromagnétiques et les nanotechnologies. 7/ Expérimenter un dispositif de traçabilité des expositions professionnelles dans 4 régions. Une enquête de l’INRS indique que 4,8 millions de tonnes de substances CMR (cancérigènes, mutagènes, dangereuses pour la reproduction) ont été consommées en France en 2005. Les questions de santé au travail font l’objet d’un plan spécifique dont la réalisation était un objectif du premier PNSE. Les actions envisagées ici se concentrent sur la réduction de l’exposition des travailleurs aux substances CMR notamment en favorisant le développement de procédés alternatifs permettant de substituer ces substances par des substances moins dangereuses. 8/ Renforcer le contrôle des substances, préparations et articles mis sur le marché en France, notamment lorsqu’ils sont destinés aux enfants. Cet objectif sera atteint à la fois par une politique ambitieuse au niveau de l’application de REACH qui se traduira par les propositions françaises visant à réduire l’utilisation des substances considérées comme les plus toxiques et aussi par le développement de campagnes ciblées de contrôle sur les produits destinés aux enfants (jouets, textiles, cosmétiques). 9/ Renforcer le contrôle des substances préoccupantes dans l’habitat et les bâtiments accueillant des enfants. Une campagne de surveillance de la qualité de l’air a d’ores et déjà été lancée dans 300 crèches et écoles qui devrait déboucher sur une surveillance périodique de ces établissements. Par ailleurs le plan prévoit d’identifier d’ici 2013 les établissements sensibles construits sur des sites potentiellement pollués et d’évaluer le risque sanitaire afin de prévoir des plans de gestion si nécessaire. 10/ Développer des conseillers « Habitat santé » pouvant se rendre au domicile des personnes soufrant de certaines maladies, pour leur proposer des mesures ciblées destinées à améliorer leur environnement de vie. Le plan prévoit l’embauche de 1O conseillers entre 2010 et 2013. Leurs postes seraient co-financés par l’Etat, en partenariat avec les collectivités et les établissements de santé. 11/ Poursuivre le programme de lutte contre l’habitat indigne, avec un objectif de 20 000 logements traités par an. La loi Besson modifié en mars 2009 a introduit cette notion qui regroupe des locaux ou installations utilisés aux fins d’habitation et impropres à cet usage ainsi que des logements dont l’état expose les occupants à des risques manifestes pouvant porter atteinte à leur sécurité ou à leur santé. Le nombre de logements considérés comme indignes en France serait de 400 à 600 000 logements relevant du parc privé. 12/ Identifier et gérer les « points noirs environnementaux » qui sont des zones susceptibles de présenter uns surexposition à des substances toxiques, en particulier en mettant en place des actions d’identification de ces zones. L’identification de l’ensemble des zones devrait être faite d’ici 2013 afin de mettre en place des programmes de surveillance et de suivi sanitaire et enfin de construire une démarche de réhabilitation adaptée.
Conclusion
Ce deuxième plan national santé environnement est le fruit d’une large concertation réunissant des représentants de l’Etat, des élus, des associations de l’environnement, des employeurs et des salariés. |
